Quand tout devient bataille : quelle place pour le dialogue ?
Le mot « guerre » et tout son vocabulaire ont envahi le débat public : guerre contre une réforme, un virus ou les prix ; bataille culturelle ; « arsenal » législatif. Or la langue ne se contente pas de décrire le monde : elle façonne aussi notre manière de le penser. Qui dit guerre dit ennemis, non plus des adversaires avec lesquels on débat, mais des opposants qu’il faut vaincre ou éliminer.
À force d’imposer une vision binaire et conflictuelle, ce langage risque d’appauvrir notre capacité à affronter collectivement des défis complexes et d’alimenter le désenchantement démocratique. Quand tout devient combat, que reste-t-il de la nuance, de la confiance et de la recherche d’accords durables ?
Cette évolution interroge aussi le monde du travail : le dialogue social — et plus largement les formes de dialogue entre acteurs économiques et sociaux — est-il affecté par cette militarisation des mots ? Les partenaires sociaux peuvent-ils, au contraire, contribuer à rouvrir des espaces de discussion ?
Ces questions seront discutées lors d’un débat avec
• Guénaëlle GAULT, Directrice Générale de L’ObSoCo (l’Observatoire Société et Consommation) et autrice de La guerre des mots ou la démocratie assiégée (Bona Fidé, avril 2026) et de Nos futurs possibles (éditions de l’Aube, 2025)